MURIEL LERAY
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  • NOTE D'INTENTION
    Dans un contexte contemporain de refus du monde,
    ce travail cherche, au contraire, à faire face.

    Ici, il ne s'agit pas de construire de nouvelles relations entre les idées.
    Il s'agit de trouver de nouveaux accès aux zones sans concepts.



    Les blocs-poèmes sont une intersection entre formes minimales et textes courts. Une perspective : lutter contre le bruit du monde.

    Chaque proposition est pensée sur mesure, sens, dimensions, rapport au lieu. Le bloc, élément récurrent, fait silence. Le texte, morceau du bruit, est travaillé de l'intérieur par la syntaxe, la prosodie. Bloc et poème sont mis en tension ; chercher, dans la saisie des objets, un moment où la saisie échoue.

    Il ne doit plus être question de thèmes, sujets, opinions ; mais d'une inquiétude. Souvent aux dimensions d'un corps, le bloc se veut un appel par le creux. Il est question d'une rencontre. L'objet n'impose rien ; il doit donner à exister.
    PRÉCISIONS SUR L'ÉCONOMIE
    Une antinomie : les propositions dans l'espace sont formulées comme un tout, mais possèdent en elles une fracture : un point d'irréconciliable entre texte et cadre –l'un ne commente pas l'autre, ils ne sont, respectivement, ni sous-titre, ni soutien.

    Et c'est dans l'intimité de l'œuvre que l'on peut en faire l'expérience : s'approcher –physiquement ; engager son corps ; trouver ce point où la faille se rend sensible et intelligible. Le travail de la composition a été mis au service de cette rencontre ; en attente d'un usager désirant.

    L'économie des moyens construit le vide nécessaire pour s'avancer ; c'est aussi un parti pris contre le bruit du monde, le clinquant : faire silence. Les œuvres proposées travaillent avec la multiplicité des propositions contemporaines et cherchent la possibilité, dans l'hétérogène, d'un espace.
    OBSCENE
    Extrait du texte écrit pour OBSCENE, exposition personnelle à la galerie Escougnou-Cetraro, 2016.
    Utilisé pour le communiqué de presse. Texte entier disponible dans le catalogue de l'exposition.

    fr : MLeray_Obscene_CP.pdf
    en : MLeray_Obscene_PR.pdf


    « La dynamique paraît que montrer une réalité, il n’y a monuments détruits, la saisie qui rend le temps liage. Sans lier, dans le décor travail est certainement amorce de récit. Accueillir et où le bavardage. On nous plaint pédagogie de la prédation, le réflexe de la, les images peuvent peut-être suggèrent dans des formes plus et des attirants, c’est l’impossible. (...)
    Aujourd’hui, les objets utilisés par les artistes de l’exposition sont des objets, ce n’est plus M6. »
    L'INQUIÉTUDE –RISQUES ET STRATÉGIES ESTHÉTIQUES
    Essai. 2011
    MLeray_Linquietude.pdf


    L'INQUIÉTUDE
    L'événement, l'inconnu : le risque esthétique

    LE FROTTEMENT
    Pour la faille : le processus de contrôle

    LE DISCERNEMENT
    Les décisions dans l'oeuvre : les stratégies esthétiques

    LA DIFFICULTÉ
    L'honnêteté, faire face : le travail nécessaire


    L'art n'est pas une enveloppe aux couleurs plus ou moins brillantes
    chargée d'ornementer le "message" de l'auteur, un papier doré autour
    d'un paquet de biscuit, un enduit sur le mur, une sauce qui fait passer le
    poisson.

    Alain Robbe-Grillet, 'Pour un nouveau roman'.


    Il faut bien voir en effet qu'une oeuvre musicale, c'est avant tout une
    volonté, un désir, un effort (c'est à ce titre comme à d'autres que j'y vois
    le véritable sujet en musique, le
    sujet musical).
    François Nicolas, 'Qu'est-ce qu'un style de pensée musical ?'


    L'art est toujours mort, toujours en train de mourir. Il faut aux oeuvres toujours lutter contre le bruit du monde, le contingent, partout, et les oeuvres ennemies qui se soumettent à ce contingent. Il faut aussi bien réveiller les inquiétudes, trouver de nouveaux accès aux zones sans concepts (dans la saisie des objets, un moment où la saisie échoue), que gagner, localement, dans une exposition collective.

    Des stratégies de lutte et de survie sont alors à décider, mais il ne sera jamais question de ruse. Il y aura toujours imprévisibilité totale de ce qui va faire oeuvre, de ce qui va apparaître, faire don, faire silence... de ce qui va pouvoir gagner.
    On parle ici seulement de ce qui pourra rendre possible le travail, une conscience attentive peut-être, inquiète des généalogies, des précipices. Dans le contexte contemporain de profusion et d'équivalence généralisée des oeuvres, les bras nous en tombent. Il faut pourtant avoir le courage de continuer le travail, de prendre le risque esthétique (moins pour la postérité que pour, déjà, nos contemporains !).

    (...)